À l’origine de ce que les médias appellent souvent le « conflit nord-irlandais », ce n’est pas la religion (Catholiques contre Protestants), ni une question de nationalité (des gens qui veulent être Irlandais contre des gens qui veulent être Anglais), ni même une question de territoire (l’Irlande du Nord faisant partie du Royaume Uni contre une Irlande réunifiée), mais une question de démocratie en général et de libre droit a l’autodétermination en particulier.

Pour simplifier, le conflit oppose ceux qui disent que c’est a la population de l’Irlande dans sa totalité de décider démocratiquement de son propre futur, librement et sans intervention ou limitations extérieures (en d’autres termes que la souveraineté réside dans la population de l’Irlande), et ceux qui disent que non seulement c’est dans le gouvernement britannique que réside la souveraineté de l’Irlande du Nord, mais que celui-ci doit déterminer les paramètres dans lesquels la population d’Irlande autant du Nord que du Sud peuvent décider de leur avenir. Ces derniers sont les unionistes. Parmi les courants déclarant que c’est à la population de l’Irlande dans sa totalité de décider démocratiquement de son propre futur, il y a le nationalisme constitutionnel et le républicanisme.

Le nationalisme constitutionnel a trois caractéristiques. Premièrement, il reconnaît la légitimité « démocratique » des structures étatiques et des gouvernements de Dublin, Londres et Stormont (le parlement d’Irlande du nord). Le nationalisme constitutionnel œuvre au cœur de ces structures étatiques et cherche à les transformer de l’intérieur. Deuxièmement, pour le nationalisme constitutionnel, il ne peut avoir de changement politique que par des moyens purement « légaux » et « constitutionnels » ; c’est a dire électoraux, diplomatiques, etc. Les moyens « illégaux » sont condamnes. La seule violence légitime est celle de l’Etat (police, armée, …). Pour le nationalisme constitutionnel, l’Etat a le monopole de la violence légitime. Troisièmement, pour le nationalisme constitutionnel, il ne peut y avoir de changement dans le statut constitutionnel de l’Irlande du Nord sans le consentement d’une majorité de la population dans le nord. Il s’agit donc de « convaincre » les Unionistes et jamais les « forcer » de changer leur position. Les principaux partis du sud de l’Irlande (Fianna Fail et Fine Gael) et du nord (SDLP et le Sinn Fein de Gerry Adams progressivement entre 1986 et 1998) appartiennent au nationalisme constitutionnel même si certains (ie Fianna Fail et Sinn Fein) revendiquent une étiquette républicaine.

Le républicanisme diffère qualitativement du nationalisme constitutionnel, la ligne de démarcation étant le rapport à la démocratie et à l’Etat. Premièrement, pour que ce soit à la population de l’Irlande dans sa totalité de décider démocratiquement de son propre futur, librement et sans intervention ou limitations extérieures, et dire comme le nationalisme constitutionnel qu’il ne peut y avoir de changement dans le statut constitutionnel de l’Irlande du Nord sans le consentement d’une majorité de la population dans le Nord revient à donner un veto a une minorité dans le Nord sur la majorité de la population de l’Irlande — donc une négation de la démocratie. Pour le républicanisme, il n’y a pas de bases historiques, géographiques, linguistiques, etc. pour argumenter que l’Irlande du Nord est l’unité qui doit exercer l’autodétermination. Dire qu’il faut absolument « convaincre » les Unionistes qui représentent une minorité de la population de l’Irlande dans son ensemble a changer revient a « forcer » les 80 % de la population d’Irlande a se résigner au statut quo. Deuxièmement, pour le républicanisme, les structures étatiques et les gouvernements de Dublin et de Stormont tirent leur légitimité d’une négation de la démocratie. Autant le gouvernement du nord que du sud de l’Irlande ont été établi par l’État britannique, et non par la population de l’Irlande démocratiquement, par elle-même. L’Etat britannique qui impose autant au nord qu’au sud qu’il ne peut y avoir de changement dans le statut constitutionnel du Nord sans le consentement d’une majorité dans le Nord. Pour le républicanisme, parler de « nationalisme constitutionnel » est une contradiction quand la constitutionnalité en question est britannique. Ce n’est pas crever la démocratie, mais maintenir la stabilité des structures étatiques existantes qui est leur but. C’est pour cela que le républicanisme a un rapport révolutionnaire a l’état, il doit entre renverse de l’extérieur, pas reforme de l’intérieur. Troisièmement pour le républicanisme, l’histoire et l’actualité prouvent que les moyens purement légaux et constitutionnels sont insuffisants pour effectuer le changement politique. Ceux-ci tendent a être ignores alors que l’état britannique se met a réagir seulement âpre agitation voire insurrection. Les organisations républicaines constituent une minorité, mais comme tradition ont un poids historique et politique dépassant leur nombre. Republican Sinn Fein, 32csm et IRSP sont les principales organisations républicaines.

Les courants qui disent que non seulement c’est dans le gouvernement britannique que réside la souveraineté de l’Irlande du Nord, mais que celui-ci doit déterminer les paramètres dans lesquels la population d’Irlande autant du Nord que du Sud peuvent décider de leur avenir sont l’Unionisme et le Loyalisme. L’Unionisme est un courant politique qui poursuit le maintien (ie l’Union) du Royaume Uni et de l’Irlande du Nord. L’unionisme n’est pas un courant local a l’Irlande du Nord. Par exemple, le titre complet du parti conservateur britannique est Conservative and Unionist Party. Le parti travailliste britannique en ce moment se réclame aussi de l’unionisme. Dans le Nord de l’Irlande, les principaux partis unionistes sont l’UUP, Alliance et DUP. Pour l’Unionisme (comme pour le nationalisme constitutionnel) il ne peut y avoir de changement dans le statut constitutionnel de l’Irlande du Nord sans le consentement d’une majorité de la population dans le Nord; mais l’Unionisme n’a jamais exige le consentement de la majorité de la population de l’Irlande dans son ensemble aux arrangements constitutionnels actuels. Pour le républicanisme comme pour beaucoup de nationalistes constitutionnels, l’unionisme est base sur le deni de la démocratie et du consentement en Irlande. Non seulement il est base sur forcer la majorité de l’Irlande a des arrangements auxquels la population n’a jamais consenti, mais la population du Royaume Uni dans son ensemble (par opposition a juste l’Irlande du Nord) n’a pas son mot a dire! L’Unionisme est « force » autant à une majorité de l’Irlande qu’une majorité du Royaume Uni. Le Loyalisme est une version monarchisante, religieuse et impérialiste de l’Unionisme. Elle est basée sur la « loyauté » à la couronne, a l’empire et a la religion protestante. Le loyalisme ne fait pas appel aux notions de démocratie et de consentement comme le font les autres courants mentionés. Le Loyalisme s’exprime avant tout dans l’ordre orangiste et certaines sections du DUP.

En cette nouvelle année, un petit geste de solidarité qui ne coute pas grand chose : envoyer une carte à un prisonnier politique nord-irlandais…

On ne dira jamais assez à quel point le courrier est important pour un prisonnier… Alors recevoir des cartes inattendues en provenance d’un pays qui ne dispose même plus d’un comité de soutien, ça peut remonter le moral sérieusement…

Vous trouverez les noms et adresses au lien ci-dessous

http://www.irishfreedomcommittee.net/POWs/IPOWS_LIST.htm

Vous en prenez un ou deux au pif…  Même pas besoin de savoir vraiment écrire l’anglais, un All my support from France, from corsica, from marseille, from pétaouchnok and happy new year fera déjà grand plaisir…

Et si vous disposez de blogs et autres outils de propagande, n’hésitez pas à faire passer le message!

Bonne année à tous!

Une Julie pas encore immigrée mais presque!